30.11.2007
Le Grenelle de l'insertion ! L’attente et le doute des associations sont perceptibles.
Enjeu : parvenir à améliorer l'insertion des personnes en grande difficulté face à l'emploi, avec des dispositifs plus simples et cohérents.
Sous la houlette du Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, associations, élus, représentants syndicaux et patronaux et personnes en insertion elles-mêmes, se sont réunis pour deux jours, vendredi 23 et samedi 24 novembre posant les bases d'une concertation qui doit durer six mois.
Selon la présidente du Medef Laurence Parisot, venue participer aux débats, le simple fait de réunir le monde de l'entreprise et celui de l'insertion est une avancée.
"Le Grenelle favorise les échanges, les confrontations entre personnes qui n'ont pas l'habitude de parler ensemble", a-t-elle dit, reconnaissant que les entreprises "avaient à apprendre des entreprises d'insertion". Mais, a-t-elle ajouté, il faut arrêter d'avoir des "visions caricaturales de l'entreprise".
Le Grenelle de l'insertion a pour objectif de simplifier les dispositifs existants, pour une meilleure efficacité, en allant jusqu'à la création d'un "contrat unique d'insertion", à la place de la dizaine de contrats existants.
Mais "le contrat unique d'insertion, c'est tout sauf un contrat uniforme", a assuré Martin Hirsch, "c'est un contrat qui doit pouvoir se faire sur mesure, et répondre aux besoins de la personne et de l'employeur".
Cela signifie, "donner la responsabilité" aux acteurs de l'insertion "de déroger aux règles pour une certaine proportion de contrats, avec un financement et une évaluation a posteriori", a-t-il expliqué. "Ce n'est pas dans la tradition française", a-t-il reconnu, "d'expérimenter ou de faire confiance aux acteurs eux-mêmes" de l'insertion.
Mais les doutes des associations s'appuient aussi sur le fait que "le gouvernement diminue le nombre et le financement des contrats aidés au moment où il lance un Grenelle de l'insertion", a rappelé la présidente de la Fnars.
François Chérèque a rappelé que le Premier ministre actuel "avait supprimé les emplois jeunes".
"Le système aujourd'hui est saturé, il y a des gens qui aspirent à travailler, dont l'économie a besoin, et qui ont en face d'eux des barrières qui les empêchent de travailler, du coup ceux qui ont besoin de soutien n'ont pas les réponses qu'il faut", dit Martin Hirsch.
Du côté des entreprises d'insertion, il y a une forte attente, mais dans une certaine méfiance. Pour Pierre Duponchel, fondateur de l'entreprise d'insertion "Le relais", "si quelques entreprises sont prêtes à jouer le jeu et à y passer un peu de temps, sans mettre des quotas dont on ne veut pas, on aura des résultats", dit-il. "Si on est capable de faire des Airbus, pourquoi on ne pourrait pas régler le problème de deux millions d'exclus ?"
Extrait : Jean-Pierre Clatot AFP ¦ Martin Hirsch à l'ouverture du Grenelle de l'insertion le 23 novembre 2007 à Grenoble
Le grenelle de l’insertion sera centré sur l’insertion professionnelle et l’accompagnement social. Plusieurs objectifs sont poursuivis :
- Donner la parole aux acteurs et faire de l’insertion un objet de débat de société
- Valoriser les initiatives de terrain
- Ne pas enfermer les personnes vulnérables dans une situation de relégation
- Repenser les politiques d’accompagnement des personnes en difficulté
- Donner des perspectives stables aux acteurs de l’insertion par l’activité économique et réformer les contrats aidés
- Développer la mobilisation des entreprises pour l’insertion
- Rendre plus cohérentes les politiques publiques
A LIRE: le hors série Pigé spécial grenelle de l'insertion
Sujet sensible, sujet essentiel que nous suivrons de prêt !
10:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
handicap et emploi: encore beaucoup à faire...
Selon une étude des ministères de l'Emploi et du Travail, le taux d'emploi des travailleurs handicapés a peu progressé en 2005, à 4,5%, contre 4,4% en 2004
Insuffisant. L'emploi des travailleurs handicapés a peu progressé en 2005 dans les entreprises d'au moins 20 salariés, avec un pourcentage (4,5%) quasiment stable, toujours loin de l'obligation légale de 6%, selon une étude des ministères de l'Emploi et du Travail publiée jeudi. Les entreprises employaient 252.000 salariés handicapés en 2005, représentant 4,5% des effectifs (en équivalents-temps plein), au lieu de 4,4% en 2004, et 4,2% en 2002.
Pourtant le nombre de travailleurs handicapés a augmenté de 3% en 2005. Mais cette augmentation est due notamment à l'augmentation des emplois à temps partiel ou sur contrat à durée déterminée en 2005. La hausse s'explique aussi par le maintien en emploi de salariés devenus handicapés et par l'augmentation du nombre de salariés handicapés qui demandent la reconnaissance officielle de leur handicap, indique l'étude de la Dares (Direction de l'animation de la recherche et des statistiques du ministère de l'Emploi).
2005 est la dernière année d'application de la loi du 10 juillet 1987 obligeant les entreprises de 20 salariés ou plus à embaucher au moins 6% de personnes en situation de handicap. Avec la loi de février 2005, l'obligation demeure mais les sanctions financières sont renforcées. (Source AFP)
10:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travailleur handicapé, handicap, emploi
28.11.2007
Un petit mot d'une étudiante...
L'université ça a été pour moi la chance d'être reconnue! j'ai toujours été une élève sérieuse mais moyenne, à la FAC j'ai pu montrer qui j'étais, j'ai appris à avoir un regard critique sur ce qui m'entour et à être responsable. C'est un système sûrement imparfait, qui manque cruellement de moyens, mais il est important de ne pas le dénaturer! Sans les bourses (+ des p'tits boulots) et avec une sélection à l'entrée, jamais je n'aurais eu la chance de me construire. Élève moyenne je n'aurais peut-être pas été retenu, or aujourd'hui j'ai un BAC+5 et je suis en deuxième année de thèse. Même si ma prof d'anglais au collègue était persuadée que je n'aurais pas mon BAC, l'université a su croire en moi! Je pense sincèrement que même si les universités français ne sont pas les meilleurs et elles ont au moins le mérite d'être accessible à tous: la liberté et l'égalité sont des mots que nous devrions nous réapproprier! Il s'agit certes d'un témoignage d'une étudiante quelconque, mais je veux que ma petite soeur, que mes enfants et mes arrières petits enfants puissent avoir leur chance, pour cela:
La réflexion doit être quelles offres pour l'ensemble des étudiants, quels moyens!

Voici un film de L’autre campagne et Sauvons la Recherche Paris, Réalisé par Thomas Lacoste :
L'UNIVERSITE AU GRAND SOIR
"Régulièrement les gouvernements de droite comme de gauche rêvent de prendre le contrôle sur l’Université et de transformer la Recherche en un vaste bureau d’études. Cette fois l’attaque est particulièrement brutale. Profitant de la crise profonde qui frappe des établissements universitaires dépourvus de moyens et confrontés à un afflux sans précédent d’étudiants, le gouvernement souhaite instaurer un système inégalitaire, localiste, autocratique, de plus en plus dépendant de la commande publique et privée.
Dans ce film chercheurs, enseignants, syndicalistes viennent démonter les pièges d'une réforme rétrograde et rappeler quelles sont les conditions de production et de transmission d'un savoir universel accessible au plus grand nombre qui devraient guider une réforme réellement progressiste de l'Université".
Disponible en DVD et sur le site de L'autre campagne: LE FILM
15:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : universite, pecresse, sauvons la recherche
26.11.2007
Droit du travail
Le journal Libération nous alerte sur la réécriture du code du travail qui se déroulera les 27 novembre et 4 décembre prochain, autant dire demain et tout cela dans le plus grand silence!
Cet article nous rappelle à quel point le code du travail est souvent mal connue et pourtant indispensable à la plus part d'entre-nous.
Article à lire: Massacre du code du travail dans le silence général, de Gérard Filoche, inspecteur du travail.
09:46 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : code du travail, loi, gouvernement
Maladies Chroniques et emploi, le rôle des associations
Maintien et retour à l’emploi, une problématique d’actualité pour de nombreuses personnes atteintes de maladies chroniques. Le plan qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques (Avril 2007) estime à 15 millions le nombre de personnes atteintes de maladies chroniques en France, soit près de 20 % de la population. " Une maladie chronique est une maladie de longue durée, évolutive, souvent associée à une invalidité et à la menace de complications graves. " Une définition qui peut faire peur, lorsqu’on imagine que nous pourrions tous être concernés. Néanmoins, une personne atteinte d’une maladie chronique doit avoir sa place dans notre société.
Aujourd’hui le travail apparait comme un élément primordial pour avoir une place, une reconnaissance, dans la société par nos semblables. Il faut travailler, il faut être productif, contrairement à la société antique. Interrogeons nous sur ces femmes et ces hommes qui doivent se battrent nous seulement contre la maladie mais également pour conserver leur emploi. N’est-il pas de notre responsabilité collective d’être capable de faire une place à chacun ? Gaston Bachelard disait : " le moi s'éveille par la grâce du toi. " Cette citation peut illustrer notre propos. Si nous ne pouvons pas exister sans l’autre, il est important de s’interroger aujourd’hui sur notre capacité ou incapacité à faire une place au plus vulnérable d’entre-nous. C’est pour cela que de nombreuses associations de patients ont décidé de travail ensemble autour cette problématique du maintien et retour à l’emploi. Cancer, VIH-sida, sclérose en plaque, mucoviscidose, diabète, épilepsie… autant de maladies qui touchent des individus de plus en plus jeunes, et qui partagent ce même désir d’avoir une activité professionnelle. Par besoin ou par nécessité de travailler, tous témoignent des mêmes difficultés.
Des obstacles physiques, comme la fatigue et la douleur ou des obstacles administratifs avec des i
nterlocuteurs trop nombreux sont largement évoqués, ainsi qu’un sentiment de discriminations et d’harcèlement sur le lieu de travail. Le colloque " pathologie chronique et maintien dans l’emploi " en 2005 ou celui intitulé " maladie chronique et emploi.., dépassons nos préjugés " en 2007, tous organisés par un regroupement d’association de personnes malades, dans le cadre de projet européen, furent des tribunes idéales. En partageant, leurs vécues ils ont pu apporter à d’autres des réponses et sensibiliser les acteurs institutionnels, associatifs et entrepreneurial. Aujourd’hui, ces associations apportent des solutions concrètes : mise en place de correspondants santé et organisation de journées de sensibilisation dans les entreprises, création de guides pour et par les personnes concernées, mise en place de chargé d’insertion dans leur délégation, rencontre avec les acteurs locaux, organisations de colloques grands publics, et participation à la création d’outils pour les médecins du travail … tous les moyens sont bons pour faire entendre une voix collective sur cette problématique.
Le travail de ces associations de patients se retrouve également dans les textes de loi. Un exemple concret est l’évolution de la définition de la notion de handicap avec la loi n°2005-102 du 11 février 2005 " Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". La notion de " handicap ", si elle su
ppose toujours une altération anatomique ou fonctionnelle quelle qu'en soit la cause, introduit dorénavant l'aspect psychique. De plus, il est important de noter que la définition s'est également attachée à la participation à la vie sociale des personnes handicapées et au rôle que l'environnement peut jouer dans l'aggravation ou l'atténuation de ces difficultés. Le droit à l'intégration pour toute personne en situation de handicap est de ce fait affirmé. Ainsi le nouvelle article L114 du code de l’action sociale et des familles est formulé de la façon suivante : Constitue un handicap " toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant ". Grâce à ce travail collectif, les personnes atteintes de maladies chroniques peuvent plus facilement prétendent à de nouveaux droits. Néanmoins, pour les associations de patients c’est un travail quotidien d’information et de surveillance de la bonne application des textes. C’est aujourd’hui dans cette perspective que " Chroniques Associés ", qui regroupe différentes associations de patients atteints de pathologies chroniques se bat pour la reconnaissance des spécificités de ces individus et le respect de leurs droits.
Plus d’infos :
Chroniques Associés : http://www.chroniques-associes.fr/
télécharger directement la présentation: plaquette chroniques associés.pdf
08:10 Publié dans Les associations de patients se mobilisent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maladies chroniques, emploi, association de patients
22.11.2007
Cancer et travail, en quelques mots
cancer entraîne des conséquences souvent lourdes sur la vie socioprofessionnelle durant la période de soins, mais aussi après. Différentes études ont été mené sur les difficultés en matière d’emploi, en particulier chez les femmes atteintes de cancer du sein. Aujourd’hui, plusieurs millions d’anciens patients ont survécu à cette épreuve que représente la maladie cancéreuse. Ils retirent de cette expérience personnelle, douloureuse et bouleversante, une connaissance intime des forces mais aussi des insuffisances de notre système de santé. Plusieurs centaines de milliers de patients, actuellement en traitement, attendent légitimement les meilleurs soins possibles ; ils souhaitent pouvoir être de véritables acteurs dans le combat contre la maladie. Dans cette perspective la notion de prise en charge globale des patients s’est généralisée, mais il est essentiel de s’interroger sur les limites de cette prise en charge des personnes atteintes de cancer ? Ainsi l’objectif du soin des personnes atteintes de cancer est d’offrir aux patients une prise en charge naturellement centrée sur la maladie qu'ils présentent mais également en prenant en compte l'ensemble de ses besoins et de ses attentes pendante et après le traitement. Le devenir des patients est donc de plus en plus au cœur du dispositif général de soin, mais comment intervenir sur les champs non médicalisés tel que la vie professionnelle ? Quelle légitimité des professionnels de santé ? Or pour éviter un isolement social, les malades doivent pouvoir garder un lien avec le milieu professionnel, avec leurs collègues et cela dès le départ de la maladie.
Il est important de nous interroger tous, personne malade ou proche sur la place que nous nous laissons ou que nous laissons à l'autre. Un sujet vaste mais passionnant que je vais tentée de traité pas à pas à travers ce blog.
22:00 Publié dans Note personnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer, travail



