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31.01.2008
Discrimination et emploi: le rapport du collectif Alerte
Le collectif d'associations Alerte, présidé par Gilbert Lagouanelle, directeur de l'Action institutionnelle du Secours Catholique, a animé un an de concertation entre associations caritatives, patronat et syndicats. Un rapport de constats et recommandations a été remis au premier ministre le 13 décembre dernier sur les obstacles dressés devant les candidats au travail. On peut lire sur le site du secours catholique :
« Préjugés », « représentations erronées », « peurs », « caricatures »...les mots-clefs issus d'un an de discussions entre associations, patronat et syndicats donnent le ton d'une remise en question radicale des pratiques gouvernant l'accès à l'emploi.
Le diagnostic du groupe de travail réuni par le collectif Alerte est très direct : « Difficulté des entreprises pour sélectionner le demandeur d'emploi autrement qu'en se conformant aux préjugés courants », « existence de représentations erronées des personnes sans emploi et en difficulté [...], d'idées reçues, de peurs, de caricatures », « surdétermination du diplôme et moindre prise en compte des motivations [...] savoir-être et compétences », « méfiance des salariés [envers ceux qui sont différents] », préférence des salariés pour « l'embauche de leurs proches [...] parfois partagée par les entreprises »...
Par ailleurs le système éducatif est aussi mis en cause... Des propositions sont faites par les auteurs du rapport, qui estiment que la contribution des personnes en difficulté doit être recherchée pour améliorer la situation.
synthèse du rapport en ligne sur le site du secours catholique ou cliquer ici
10:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : discrimination, accès à l'emploi
29.01.2008
Obligation d'embauche des travailleurs handicapés
Afin de mieux comprendre l'obligation d'embauche des travailleurs handicapés, voici un petit topo de deux pages qui résume les grands principes de la loi de 1987 modifée le 11 février 2005. Cette loi instaure l'obligation d'employer 6% de personne handicapées dans l'effectif sous peine de pénalité financière, dite contribution financière!
Fiche format PDF: l'obligation d'embauche des travailleurs handicapés.pdf
Retrouver tous les outils en ligne: http://cancer-travail-ethique.hautetfort.com/outils/
15:06 Publié dans Outils | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obligation, embauchen, travailleurs handicapés
28.01.2008
le support social
L’impact du support - soutien social ?
Lorsqu’il est question de support social, il est facile de l’associer à un processus positif, c’est-à-dire qu’il apporte des effets bénéfiques à un individu ou à la situation vulnérable que vit un individu. Pourtant, il impose d’observer plusieurs facteurs avant de considérer que le soutien social peut avoir des impacts positifs ou négatifs. Le degré de disponibilité, la durée du soutien offerte, la présence ou l’absence de conflit entre la mesure de soutien et l’aide, ainsi que la réciprocité entre les deux parties sont des éléments qui influencent la nature de l’impact du support social afin de l’identifier comme positif ou négatif. [1] Les mesures de soutien social peuvent avoir leurs limites, l’impact sur la santé en possède aussi. Ce dernier constat amène certains auteurs à dire que pour un effet positif sur la santé, il est essentiel que les personnes dans le besoin aient recours à plus d’une forme ou d’un type de soutien. En d’autres mots, les individus vulnérables « en situation de plus grand besoin sont ceux qui (…) ne reçoivent pas suffisamment d’aide »[2]. Pour réitérer ces propos, Rick conclut lors de son étude « que les effets en santé mentale devraient se mesurer au succès obtenu dans l’instauration de réseaux de soutien social dans les familles, les groupes et le collectivités. »[3]
Dans un autre ordre d’idée, Smolla énonce dans son étude que la présence de plusieurs sources de soutien est susceptible de générer des conflits entre ces sources. C’est-à-dire que les différents acteurs constituant du support social peuvent par leur interaction avoir un effet néfaste sur le malade, et cela même si les intentions sont sincères de part et d’autres. Par exemple, lorsque deux amis souhaitent être présents tous les deux pour soutenir le jeune malade, ce qui peut être épuisant pour ce dernier déjà faible. Ce qui amène l’auteur à dire que l’impact sur la santé n’est pas évident lorsque cette situation se présente.Un autre aspect intéressant qu’apporte cet auteur est la corrélation ambiguë entre le soutien et l’état de santé qui peut déterminer la nature de l’impact sur le bien-être des individus. Elle émet l’hypothèse que « le soutien peut favoriser la santé mais un état de santé précaire peut aussi détériorer la perception du soutien. »[4]
08:25 Publié dans La relation avec autrui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : support social, soutien, maladie, impact
26.01.2008
La relation à l’autre dans la maladie.
Une personne atteinte d’un cancer est avant tout une personne qui, dans un temps donné, s’expose comme malade en annonçant son cancer, mais parfois en préférant le taire. Dire ou taire sont deux conduites qui ne s’excluent pas. A l’inverse, elles se chevauchent dans le temps, voire cohabitent. Autour de chaque personne malade, il existe le cercle de ceux qui savent, et celui de ceux qui ne savent pas, ou au moins avec qui on ne parle pas de la maladie. Cette cohabitation évolue toujours au bénéficie de ceux qui savent. Il s’avère effectivement quasi impossible de contrôler la diffusion d’une information sur sa santé, lorsque interviennent les registres de l’émotion, comme c’est le cas avec l’annonce d’un cancer. L’enjeu de taire n’est donc pas toujours de dissimuler, mais aussi simplement, de ne pas assister à la réaction de celui qui apprend. En outre, annoncer autour de soi comporte un risque encore plus important que l’exposition à des éléments de conversation qui dérangent, ou qui blessent : celui d’être identifié à l’avenir, et pour toujours, comme un cancéreux. Il s’agit, dès lors, de parvenir à dire la maladie autour de soi, tout en contrariant les logiques de cette représentation : « l’enjeu est d’éviter l’inscription définitive dans une identité de cancéreux, que chacun sait être une source intarissable de discriminations, dans divers champs de la vie sociale et affective. »[1] En effet, annoncer largement sa maladie expose au risque d’être identifié comme un malade du cancer et d’être stigmatisé comme tel aux yeux de la société. La mot « stigmate » (titre du l’ouvrage de Goffman), évoque une trace, une marque honteuse, telle une flétrissure, des séquelles, des cicatrices. La maladie demeure une entité ennemie, extérieure, négative, représentée comme un mal à combattre et rattaché à une faute ou à un stigmate. Le Sida est une illustration encore plus prégnante de la représentation d’une maladie.
Goffman, dans son étude sur les processus de stigmatisation, distingue deux catégories d’individus :
- Les individus discrédités : dont ce qui est constitué comme une anomalie est visible des normaux.
- Les individus discréditables, « […] lorsque la différence n’est ni immédiatement apparente ni déjà connue, […] lorsqu’en deux mots, l’individu n’est pas discrédité, mais bien discréditable, […]. Le problème n’est pas tant de savoir manier la tension qu’engendrent les rapports sociaux que de manipuler de l’information concernant une déficience : l’exposer ou ne pas l’exposer ; le dire ou ne pas le dire ; feindre ou ne pas feindre ; mentir ou ne pas mentir, et dans chaque cas, à qui, comment où et quand. »[2]
Le mélange entre la maladie et la personne, c'est-à-dire, le malade, le cancéreux ou le sidaïque renvoie irrémédiablement à la représentation de la mort. Autrefois , la maladie et la mort formaient un couple inséparable. Grâce aux découvertes scientifiques, du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, le couple s’est séparé et la distance paraissait si grande qu’on a cru que le divorce était consommé et on a oublié que la mort est la fin d’un processus naturel. Depuis qu’ont surgi des maladies tels que le Sida ou le cancer, on assiste de nouveau aux retrouvailles de ce vieux couple. En outre, la mort n’est plus représentée comme le stade final d’un processus naturel, or qui dit naturel dit régulier, sécurisant, contrôlable. Même si nous vivons dans une société pacifiée, le langage utilisé à propos du sida et du cancer est un langage guerrier, militarisé ; la chimiothérapie est souvent associée à un bombardement atomique.Jadis, mourir était une affaire publique, à laquelle participent les proches, y compris les enfants en bas âge. L’individu isolé et solitaire que nous sommes devenus a si bien refoulé la mort dans le domaine du privé qu’il n’y a plus de proximité entre les mourants et les vivants. La mort est aujourd’hui dissimulée. En ce sens, la solitude est l’envers du processus d’individualisation de la maladie et de la mort. Pour reprendre N. Elias « l’attitude de refus et les sentiments de gêne avec lesquels on aborde souvent l’agonie et la mort, à l’heure actuelle, sont tout à fait à la mesure de ceux qui entouraient le domaine sexuel à l’époque victorienne ».[3]
Par contre, restreindre drastiquement le cercle de ceux qui savent expose au risque inverse d’être nié, et donc, non reconnu dans l’identité que confère l’expérience du passage par la maladie grave. Il est possible de constater que notre entourage se désarticule sur de multiples plans, se découpe en plusieurs portions -professionnelle, amicale, familiale, associative- qui ne se superposent plus. Ecartelé sur plusieurs cercles, l’entourage est plus fragile lorsque survient un revers et qu’on attend de lui qu’il joue son rôle[4]. Ainsi la manière d’annoncer sa maladie désigne aussi le rôle que l’on souhaite voir chacun tenir. A certains, il reviendra d’entourer et d’accompagner, à d’autres, il peut être demandé de ne pas intervenir. Corollairement, « les premières réactions des proches indiquent généralement l’attitude, qu’ils tiendront vis-à-vis du malade durant tout le cours des soins, et parfois au-delà »[5]. De façon générale, beaucoup de témoignages d’anciennes personnes malades évoquent les positionnements spontanés autour d’eux, avec une bonne surprise qui tient au fait que les plus proches parents et amis réagissent le plus souvent sur un plan affectif. Ils affichent leur volonté d’entourer, même si le temps passant, la proposition s’affaiblit, allant jusqu’à laisser se mettre en place des situations de cruels abandons.
Dire nettement la vérité autour de soi combine ainsi plusieurs idées essentielles. Il s’agit avant tout de mobiliser toutes les énergies en des temps courts, pour partir à la conquête de la guérison. De plus, cela sert aussi à affirmer très tôt un changement personnel important dans sa vie et son organisation. Dire aux autres est également le moyen de leur signifier les nouvelles limites de sa propre capacité à les prendre en charge. Cependant, la mobilisation autour de soi ne suffit pas toujours pour rendre possible l’expression. Certes, il existe toujours un principe de protection de l’autre, faisant qu’on ne lui dit pas tout de ses peurs et de ses angoisses, mais cela ne suffit pas pour expliquer les silences, qui tournent occasionnellement au repli sur soi, dans un temps où la maladie obsède l’esprit. « Le silence sur soi devient silence du soi, qui n’est rompu que dans la relation avec d’autres malades »[6].En effet, nombre de soignés éprouvent le besoin de parler de leur maladie à une autre personne qu’un proche, sans qu’il s’agisse d’un médecin ou d’un psychologue, généralement ce sera un autre malade. Au moins trois éléments incitent des malades à parler entre eux. Beaucoup disent, premièrement, avoir trop souffert d’être confrontés à un mur du silence lorsque la référence à leur maladie planait dans une conversation ordinaire. D’autres déclarent, deuxièmement, avoir pris conscience de la désapprobation sociale à les voir se rapprocher d’autres malades, et avoir voulu contrer cet interdit. La combinaison de ces deux premières motivations explique en bonne part l’attrait que nombre de soignés découvrent subitement pour une association. « Rompre le silence sur la maladie et braver le poids du social qui interdit d’aller à la rencontre d’autres malades témoignent d’une volonté d’échanger. Celle-ci procède d’une réflexion personnelle à partir du constat de ce que la maladie a changé dans la vie sociale et les équilibres psychiques. »[7] Mais il existe une troisième motivation : il s’agit de développer cette parole à plusieurs, d’en faire un préambule à une action de transformation sociale, et donc de rejoindre d’autres malades, afin de ne pas voir se reproduire des situations qu’ils ont personnellement enduré au cours de leur traitement. De plus, certaines personnes souhaitent donner un sens à cette expérience. Ainsi, lorsque ces trois dimensions se combinent, l’échange avec un ami ou une connaissance ne suffit plus pour satisfaire le besoin de prise de parole.
L’entourage tend donc à se transformer au profit de l’intégration des personnes soignés, avec lesquels de nouveaux liens se tissent. Selon Martine Ruszniewski, il s’agit pour le malade de « se positionner dans des jeux sociaux, sans nier le passage par la maladie, mais sans non plus tout y ramener. »[8]
[1] P. Bataille, Un cancer et la vie : les malades face à la maladie, Paris, Balland, 2000. p.60. (Voix et Regard)
[2] Goffman E., Stigmates. Les usages sociaux des handicaps, Paris, éd. De Minuit, 1975, p. 57.
[3] Elias N., La solitude des mourants, Paris, Christian Bourgeois 1987, p. 63.
[4] de Foucauld J-B et Piveteau D., op. cit. , p.79.
[5] Bataille P., op cit. , p.63.
[6] Bataille P., Ibid., p.103.
[7] Bataille P. Ibid., p.279-280.
[8] Ruszniewski M., Face à la maladie grave, Paris, Dunod, 1999.
09:30 Publié dans La relation avec autrui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : relation, autre, cancer, sida, stigmate, social
25.01.2008
Ressource sur Internet
Le collège de France propose des cours en podcasting. C'est l'occasion d'écouter des grands philosophes, biologistes, historiens, ... de chez vous!
Bonne écoute
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/pub_pod/in...
20:25 Publié dans Outils | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : collège de france, cours, philosophie
15.01.2008
Les temps du cancer
Les temps du cancer est un ouvrage écrit par Marie Ménoret. Ce livre m'a beaucoup inspiré par son contenu très riche et surtout il me motive presque quotidiennement pour continuer ma thèse!
C'est un ouvrage sociologie fondée sur une étude participative qui fait une analyse temporelle de la maladie mais aussi et surtout la relation des personnes malades avec cette maladie et les soignants.
Aujourd'hui je suis heureuse d'apprendre sa réédition, n'hésitez pas à vous le procurer en cliquant ici.
08:10 Publié dans Pour aller plus loin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer, livre, menoret
14.01.2008
Dossier handicap - “Du sur mesure pour relever le défi”
Président-fondateur du Collectif Reliance sur les situations de handicap, l’éducation et les sociétés( CRHES), Charles Gardou dresse un état des lieux de la prise en charge du handicap. Il pointe les retards de la France dans ce domaine et souligne l’importance d’une approche individualisée, que ce soit à l’école, dans le milieu professionnel ou dans les établissements spécialisés. Sa devise : « désinsulariser » le handicap.
Texte à retrouver sur le site du parti socialiste: http://hebdo.parti-socialiste.fr/2008/01/10/1101/
11:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : handicap, prise en charge
08.01.2008
Emploi et Travail
" Emploi " et " travail " sont deux termes si souvent confondus dans leur usage courant qu’on en oublie qu’ils ne recouvrent pas la même réalité.
L’emploi est désormais ce qui donne accès au travail, ce qui en définit les modalités formelles d’exercice. Au cours du dernier quart de siècle, il s’est raréfié et sa forme s’est fortement diversifiée aussi bien dans le privé que dans le public (CDI, CDD, travail temporaire, contrats courts, stages d’insertion, etc.). Le travail (le " contenu " des emplois), de son côté, a beaucoup changé. Le monde de l’industrie a cédé sa place, longtemps dominante, au secteur des services ; les grandes unités de production ont été désarticulées en de multiples sites maillés entre eux par des réseaux, tandis que les nouveaux moyens de communication ont brisé les Frontières des espaces dédiés au travail.
L’usager devient un client que les entreprises s’efforcent de fidéliser. Le travail, plus autonome, est aussi plus soumis à des normes strictes. Comment s’articulent aujourd’hui emploi et travail ? Quelles conséquences sont susceptibles d’avoir les formes nouvelles d’emploi sur le contenu du travail ? Que signifie la qualité de l’emploi ? Sur la hase d’enquêtes récentes, l’auteur dresse le tableau de ce qui relève des deux ordres de préoccupation, et démontre la nécessité de repenser leur nécessaire articulation afin de prendre la mesure des changements à l’œuvre.
L’étudiant en sciences sociales, mais aussi le citoyen en quête de sens trouveront ici les outils nécessaires à une meilleure compréhension des transformations sociales et économiques de notre temps et de leurs enjeux.
08:20 Publié dans Pour aller plus loin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, travail, ouvrage
07.01.2008
actualité du dimanche: code du travail ; arrêts de travail
Le Code du travail est-il l'ennemi de la liberté ?
L'énigmatique X, Mariannaute de son état, pose la question : qu'est-ce qu'une société où l'on ne peut-on pas choisir librement ses conditions de travail ? ...
Source: Marianne2 - 6 janvier 2008
Arrêts de travail : les Français n'abusent pas
Un salarié français sur quatre a posé un arrêt de travail en 2007, contre une moyenne d'un sur trois en Europe. Étonnant, non ? ...
Source: La Voix Eco - 6 janvier 2008
09:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, code du travail, arrêt de travail


