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23.06.2008

Abstract EUROCANCER

En France l'incidence du cancer en 2000 chez les moins de 65 ans représente près de 40% de l'incidence totale chez l'homme et près de 50% chez la femme. Cette maladie concerne plus de 111000 personnes en âge de travailler (19-65 ans).Mais la problématique du maintien ou du retour à l’emploi de ces individus est récente. Il est encore trop rare de concevoir qu’avec un cancer il est possible d’avoir une activité professionnelle, pendant et après ses traitements. Hier encore le cancer était synonyme de décès, aujourd’hui on en guérit (tous cancers confondus) un sur deux.

 

C’est lors des Etats Généraux du cancer (1998, 2000 et 2004) que les personnes malades ont pu fait part pour la première fois publiquement de leurs difficultés à conserver une place dans le monde du travail.

Différentes recherches ont été menées sur les difficultés en matière d’emploi, en particulier chez les femmes atteintes de cancer du sein et ont confirmé l’importance de cette problématique[1].

 

Dans une enquête par questionnaire auprès de 152 malades menée par Jeunes Solidarité Cancer en 2004, 44,6% des malades estimaient rencontrer des difficultés dans le travail[2].

Une étude plus large parue en mai 2006 a été menée par la Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) sur des patients pris en charge au titre de l’affection longue durée[3] . Cette étude met en avant le fait que 2 patients sur 10 ont perdu leur emploi après leur diagnostic, mais également que 4 patients sur 10 expriment le sentiment que leur cancer les a pénalisés de façon significative dans leur activité professionnelle. Les patients les plus jeunes (moins de 40 ans) sont significativement plus nombreux (24%) à faire état de conséquences négatives concrètes dans leur situation professionnelle. Cette étude est la première de cette envergure réalisée en France. Elle nous montre à quel point les difficultés perdurent. La simple question de l’annonce de la maladie à son employeur est source d’anxiété. La peur d’être jugé inefficace, d’être remplacé, d’être harcelé ou discriminé, sont des sentiments communs à de nombreuses personnes malades ou ayant été malades. Certes la loi protège chaque individu soigné pour une pathologie grave en interdisant le licenciement pour raison de santé (article L 122-45 du Code du travail) mais en pratique on constate que cette interdiction n’est pas toujours respectée.

Si les termes de « bataille » et de « combat » sont souvent utilisés pour illustrer la période des traitements, les mêmes expressions sont utilisées lorsqu’il s’agit de reprendre son emploi. Les personnes malades doivent en effet faire face à une nébuleuse d’acteurs et d’institutions ainsi qu’à une législation en perpétuelle évolution pour connaître leurs droits.

L’investissement dans la recherche médicale est suffisamment important pour que l’on prenne le temps de s’interroger sur le devenir de ces individus qui après un cancer souhaitent continuer à avoir une place dans la société. N’est-il pas de notre responsabilité collective d’être capable ou non de faire une place à chacun ? Aujourd’hui le travail est un élément central dans l’intégration au sein de la société et il est donc au cœur de cette rencontre entre le moi et le toi et la place qui est faite aux plus vulnérables d’entre nous dans le monde du travail est révélatrice de la volonté de la société de leur conserver la place à laquelle nous aspirons tous.

 



[1] MAUNSELL E., BRISSON C. DUBOIS L., LAUZIER S., FRASER A. (1999) Work problems after breast cancer: an exploratory qualitative study. Psycho-oncology 8, 467-473

[2] JSC, « Cancer et qualité de vie », Planète [bulletin de JSC] 2004;4).

[3] Groupe d’étude ALD Cancer, « Situation professionnelle et difficultés économiques des patients atteints d’un cancer deux ans après le diagnostic », Etudes et Résultats N°487 mai 2006

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