02.02.2009
Atlas du cancer, inégalité régionale
Le nombre global de décès par cancer progresse toujours dans notre pays, mais le risque individuel de mourir de cette maladie diminue. Cela peut sembler paradoxal, mais cette évolution s'explique par l'augmentation et le vieillissement de la population. C'est l'un des enseignements tirés de L'Atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine (réalisé par l'Inserm, le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès et l'Institut national du cancer), qui met en évidence les évolutions des différents cancers entre 1970 et 2004 ainsi que les disparités géographiques.
Après une phase d'augmentation de 1970 à la fin des années 1980, le risque décroît pour les hommes comme pour les femmes depuis le début des années 1990. Mais il varie selon les sexes et le type de tumeur. Les morts par cancer du poumon et des voies aérodigestives supérieures, par exemple, régressent chez les hommes et progressent chez les femmes. La courbe du mélanome connaît un infléchissement depuis 2000, notamment chez les hommes, que les spécialistes n'expliquent pas (les effets des campagnes de prévention des coups de soleil durant l'enfance ne pouvant se traduire aussi vite dans les chiffres). Quant aux cancers de l'estomac, ils sont moins meurtriers et ne tuent plus dans les mêmes régions !
Un autre enseignement de cette vaste enquête est, en effet, la "régionalisation" de la maladie. À un grand ensemble nord-ouest de la France caractérisé par des taux de mortalité élevés pour les tumeurs de l'appareil digestif s'oppose un ensemble nord-est marqué par des taux élevés de cancers de l'appareil respiratoire et de la vessie. Enfin, on assiste à une "migration" des cancers. La carte l'indique clairement, mais les causes sont mal définies. "Mouvements de population, différences d'accès aux soins, paupérisation ?", s'interroge le Dr Gilles Dixsaut, chef du département veille, évaluation, observation, santé publique de l'Institut national du cancer. De plus, "les écarts grandissant entre les centres urbains et leurs périphéries, ainsi que l'aggravation des disparités intra-urbaines, notamment au sein du bassin parisien, sont particulièrement à suivre dans les années à venir", précisent les auteurs. Reste maintenant aux chercheurs à étudier de près ces changements, qui accompagnent les principales mutations socio-économiques, pour tenter de réduire les inégalités.
Source: LE POINT
Plus d'info... sur le POINT
Télécharger l’intégralité de l'atlas Sur le site de l'Institut National du Cancer: www.e-cancer.fr. : Cet atlas réalise un état des lieux récent des disparités spatiales de mortalité par cancer (inter et infra régionales) et propose une analyse des évolutions intervenues dans la distribution géographique de cette mortalité entre 1970 et 2004. L'ouvrage permet de mieux appréhender les disparités géographiques et par sexe face aux cancers, et d'ouvrir des pistes d'actions et de recherche pour mieux comprendre les causes de ces évolutions.
08:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer, mortalité, inégalité



Ecrire un commentaire