03.03.2008

Case Management

Initiateurs : Etats-Unis et Québec

Public visé : Personnes atteintes de maladies mentales

Démarche :

Définition et fonctionnement :


Le terme « case management » contient deux mots :
- « case » (ou cas) = c’est prodiguer des soins à un individu en particulier.
- Management (gestion) vient de la tradition des modèles d’organisation des services ou systèmes.

Il existe plusieurs définitions du « case management ».
On peut dire que le « case management » se définit généralement comme un mécanisme reposant sur l’accompagnement de la personne, sa famille et ses proches dans un processus continu assurant l’accessibilité, la planification individualisée et la coordination des services.
Il se traduit parfois essentiellement par du courtage de services (case management intensif) ou par un processus thérapeutique basé sur l’établissement d’un lien de confiance où le responsable de la gestion personnalisée (le case manager), en plus de coordonner les services, intervient directement auprès de la personne et sur son environnement (case management clinique).
Le case management, qu’il soit intensif ou clinique, suppose la présence d’un intervenant pivot pour faire le lien avec les services pour l’accès, la planification et la coordination des services.
D’autres noms synonymes : routeur, accompagnateur, référent de situation,…

Profil/compétences :
Le professionnel investi de cette fonction n’est pas un « super travailleur social » mais il dispose des compétences techniques et formelles qui légitiment son action.

Objectifs principaux :

- Maintenir du lien social des personnes éprouvant des problèmes importants de santé
- Offrir une meilleure continuité des soins
- Favoriser la concordance dans les interventions
- Prévenir les rechutes et les hospitalisations
- Améliorer l’accès aux services
- Assurer le suivi des traitements
- Obtenir le soutien du milieu
- Accroître la participation du patient

Histoire et développement :

Le « cas management » prend ses racines dans le vaste mouvement de désinstitutionalisation entamé aux Etats-Unis au début des années 1950 et d’abord destiné aux personnes atteintes de maladies mentales.
Quelques années plus tard, le « case management » voit son rôle évoluer de façon significative. Considérant que le « case manager » devrait être plus qu’un « courtier » de services, on suggère d’intégrer la dimension thérapeutique.
Aujourd’hui, l’objectif du « cas management » est d’assister et de soutenir les personnes dans leurs négociations avec les différents services qu’elles désirent recevoir et dont elles ont besoin. Le point de départ n’est plus le « service » mais la personne.

Quelques Chiffres :

En 1995, dans une revue de la littérature en regard du projet PSI – La Boussole : un modèle de plan de services individualisé (PSI) axé sur le « case management », on rapportait l’existence de plus de 250 modèles de case management recensés.

Source d’information :

NADEAU B, 1989, Le « cas management » au carrefour de l’intervention clinique et communautaire, vol 14, n°2, p51-59.
PARADIS M, GAGNON C, FILLION L, et autres, 2000., Description du concept de l’intervenant pivot : Approche théorique et qualitative, Université Laval, 29 p. et ann.
PARADIS M, et GAGNON C, 1995, Bilan du projet « PSI – La Boussole » : Un modèle de plan de services individualisé (PSI) axé sur le « case management », Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec et Office des personnes handicapées du Québec, , p. 11.
POIRIER M., RITZHAUPT B, LAROSE B, CHARTRAND D, 1998, Le modèle de l’Ouest de l’Ile de Montréal, Santé Mentale au Québec, vol. 23, n°2, p93-118.

28.01.2008

le support social

                L’impact  du support - soutien social ?

Lorsqu’il est question de support social, il est facile de l’associer à un processus positif, c’est-à-dire qu’il apporte des effets bénéfiques à un individu ou à la situation vulnérable que vit un individu. Pourtant, il impose d’observer plusieurs facteurs avant de considérer que le soutien social peut avoir des impacts positifs ou négatifs. Le degré de disponibilité, la durée du soutien offerte, la présence ou l’absence de conflit entre la mesure de soutien et l’aide, ainsi que la réciprocité entre les deux parties sont des éléments qui influencent la nature de l’impact du support social afin de l’identifier comme positif ou négatif. [1] Les mesures de soutien social peuvent avoir leurs limites, l’impact sur la santé en possède aussi. Ce dernier constat amène certains auteurs à dire que pour un effet positif sur la santé, il est essentiel que les personnes dans le besoin aient recours à plus d’une forme ou d’un type de soutien. En d’autres mots, les individus vulnérables « en situation de plus grand besoin sont ceux qui (…) ne reçoivent pas suffisamment d’aide »[2]. Pour réitérer ces propos, Rick conclut lors de son étude «  que les effets en santé mentale devraient se mesurer au succès obtenu dans l’instauration de réseaux de soutien social dans les familles, les groupes et le collectivités. »[3]

Dans un autre ordre d’idée, Smolla énonce dans son étude que la présence de plusieurs sources de soutien est susceptible de générer des conflits entre ces sources. C’est-à-dire que les différents acteurs constituant du support social peuvent par leur interaction avoir un effet néfaste sur le malade, et cela même si les intentions sont sincères de part et d’autres. Par exemple, lorsque deux amis souhaitent être présents tous les deux pour soutenir le jeune malade, ce qui peut être épuisant pour ce dernier déjà faible. Ce qui amène l’auteur à dire que l’impact sur la santé n’est pas évident lorsque cette situation se présente.

Un autre aspect intéressant qu’apporte cet auteur est la corrélation ambiguë entre le soutien et l’état de santé qui peut déterminer la nature de l’impact sur le bien-être des individus. Elle émet l’hypothèse que « le soutien peut favoriser la santé mais un état de santé précaire peut aussi détériorer la perception du soutien. »[4]


[1] Levesque et Cossette, Op. Cit.
[2] Levesque et Cossette, op. cit. , p. 86

[3] Ricks J. « La radio, le soutien social et la santé mentale », Santé mentale au Canada, décembre 1984, p. 86.

[4] Smolla, N. Op. cit., p. 29.